La mort du roi Oyo Nyimba Kabamba Iguru Rukidi IV ouvre une bataille de succession sans précédent au royaume de Tooro. Alors qu’un prince a été proclamé nouveau souverain par le clan royal, la reine mère Best Kemigisa conteste la procédure et affirme que le défunt monarque avait laissé un testament désignant un héritier biologique. À quelques jours des funérailles, le royaume est plongé dans une profonde incertitude.
La disparition du roi Oyo Nyimba Kabamba Iguru Rukidi IV devait marquer un moment de recueillement pour le royaume de Tooro. Elle s’est transformée en une crise dynastique dont l’issue pourrait redessiner l’équilibre de l’un des royaumes traditionnels les plus importants de l’Ouganda.
Décédé aux États-Unis, où il suivait un traitement contre le cancer, Oyo avait accédé au trône à seulement trois ans. Son règne, commencé alors qu’il était encore enfant, avait fait de lui une figure singulière de la monarchie ougandaise contemporaine.
Mais quelques jours après sa mort, une question domine désormais toutes les autres : qui doit lui succéder ?
Mercredi 9 septembre, le Comité chargé de la succession au sein du clan royal des Babiito a annoncé la désignation du prince Edward Rukidi Kijanangoma comme nouveau souverain de Tooro. Journaliste et présentateur de télévision, le prince est désormais présenté par une partie de l'establishment royal comme le successeur légitime d’Oyo.
La décision a toutefois été immédiatement contestée par la reine mère, Best Kemigisa Akiiki. Dans un communiqué, celle-ci affirme que les membres de la famille royale et des représentants du gouvernement avaient pris connaissance du testament du roi le jour même de son décès. Selon son récit, une réunion devait se tenir le lendemain afin d’examiner collectivement les dispositions laissées par le défunt.
Cette réunion n’aurait finalement pas eu lieu. À la place, un groupe de membres du clan aurait organisé une conférence de presse dans la nuit pour annoncer la désignation d’un nouveau roi, alors que la dépouille d’Oyo se trouvait encore au palais. Pour la reine mère, il s’agit d’une rupture majeure avec les procédures qui doivent encadrer une succession royale.
Le testament de 2022 au cœur de la bataille
Au centre de la controverse figure un document daté de 2022 que la princesse Ruth Komuntale, sœur du défunt roi, affirme avoir en sa possession. Selon elle, Oyo y aurait exprimé sa volonté de voir lui succéder «un fils biologique».
L’existence de cet héritier potentiel bouleverse la succession telle qu’elle vient d’être décidée par le clan. Car cet enfant, dont l’identité n’a jamais été officiellement révélée au public, ne semble pas avoir été pris en compte lors du processus ayant conduit à la désignation d’Edward Rukidi Kijanangoma.
La question devient alors autant juridique que dynastique. La volonté exprimée par le défunt roi dans son testament doit-elle primer sur la décision du clan royal chargé de désigner le souverain ? Pour la famille proche d’Oyo, la réponse semble évidente. La princesse Ruth Komuntale a dénoncé l’action de ceux qu’elle qualifie de «vautours maléfiques», accusant certains responsables du royaume derrière la manœuvre.
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