L’état-major général des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) hausse le ton face à la multiplication des contenus consacrés aux officiers supérieurs sur les réseaux sociaux. Dans un communiqué publié vendredi 11 septembre, la hiérarchie militaire dénonce des campagnes qui, derrière la mise en avant de certains généraux, chercheraient à en discréditer d’autres.
YouTube, Facebook, TikTok… Les plateformes numériques sont devenues, ces derniers mois, un espace privilégié de commentaires sur la hiérarchie militaire congolaise. Mais pour l’état-major général, cette activité déborde désormais le cadre du simple débat public.
Dans son communiqué, le porte-parole de l’état-major dénonce la diffusion de contenus présentant certains officiers généraux et supérieurs sous un jour particulièrement élogieux, tandis que d’autres feraient l’objet de campagnes de dénigrement, de «diabolisation» ou de mises en cause.
Pour la haute hiérarchie militaire, ces campagnes peuvent donner l’impression de rivalités internes et fragiliser la cohésion des forces armées. La glorification de certains officiers, lorsqu’elle s’accompagne de la dévalorisation d’autres responsables, serait ainsi susceptible d’alimenter des divisions et d’affecter le moral des troupes.
Les FARDC rappellent que leur fonctionnement repose sur plusieurs principes fondamentaux : discipline, solidarité, neutralité, loyauté et respect de la hiérarchie. Autant de règles que l’état-major estime incompatibles avec des affrontements par médias interposés ou avec des opérations de promotion personnelle sur internet.
Le communiqué vise également les contenus reposant sur des informations non vérifiées, des accusations sans fondement ou des montages audiovisuels présentés comme des faits établis. Une mise en garde qui intervient alors que les réseaux sociaux occupent une place croissante dans la bataille de l’information autour des opérations militaires congolaises.
Les réseaux sociaux dans le viseur
L’état-major général ne remet pas en cause, dans son communiqué, le principe de la critique ou de l’analyse. Il rappelle toutefois que celles-ci doivent s’appuyer sur des faits vérifiés et respecter les personnes ainsi que les institutions de la République.
Les créateurs de contenus, administrateurs de pages et internautes sont donc appelés à davantage de prudence avant de relayer des informations concernant les officiers et le fonctionnement des FARDC.
La hiérarchie militaire invite notamment les internautes à ne pas transformer certains commandants en «héros» et d’autres en «ennemis» sur la base de récits circulant en ligne.
L’état-major général demande ainsi aux médias et aux créateurs de contenus de privilégier le recoupement et la vérification des informations. Aux militaires, il rappelle leur obligation de rester attachés à leurs missions constitutionnelles et de préserver la cohésion du corps.
La Rédaction
