Le gouvernement, avec l’appui des Nations unies, a lancé à Kinshasa le «Projet de renforcement de la cohésion sociale, de la résilience et de la réintégration des retournés dans les zones affectées par les conflits au Nord‑Kivu et au Sud‑Kivu». La présentation s’est tenue lors de la première réunion du Comité de pilotage organisée à l’Hôtel Pullman.
Mis en œuvre par le PNUD, le HCR et l’OIM, avec le financement du Fonds des Nations unies pour la consolidation de la paix, ce projet vise à renforcer la cohésion communautaire, améliorer l’accès aux services sociaux de base et soutenir la résilience socio‑économique des populations affectées par les conflits.
La vice‑ministre de l’Intérieur, Eugénie Tshiela Kamba, représentant le vice‑Premier ministre Jacquemain Shabani, a insisté sur l’importance d’une réintégration qui dépasse le simple retour des déplacés. Selon elle, un retour durable doit être accompagné de conditions favorables à la sécurité, à la réinsertion socio‑économique, à l’accès équitable aux services de base et à la restauration de relations harmonieuses avec les communautés d’accueil. Elle a présenté la réintégration comme un processus de reconstruction du lien social fondé sur la confiance, le dialogue et la participation de tous.
Près de 2,84 millions de déplacés dans les Kivu
Les données rappelées lors de la cérémonie indiquent que près de 2,84 millions de personnes déplacées internes sont recensées au Nord‑Kivu et au Sud‑Kivu. Les conflits armés ont provoqué des déplacements massifs, la perte des moyens de subsistance et l’affaiblissement du tissu socio‑économique.
Le projet prévoit le renforcement des comités communautaires de paix, la réactivation des mécanismes d’alerte précoce, l’amélioration de l’accès à l’eau, à l’éducation et aux soins de santé, ainsi que le soutien à la santé mentale et au bien‑être psychosocial. Des emplois temporaires à haute intensité de main‑d’œuvre, des activités génératrices de revenus et des mécanismes d’épargne communautaire sont également envisagés.
Le HCR appelle à investir dans la cohésion sociale
Le représentant du HCR, Pierre Atchom, a salué le leadership du gouvernement congolais et insisté sur la nécessité d’investir dans la cohésion sociale et la réintégration digne des personnes retournées. Il a rappelé que «le retour à lui seul ne constitue pas une solution durable», soulignant que les populations doivent retrouver leur dignité, accéder aux services essentiels et bénéficier d’opportunités économiques.
Trois piliers structurent l’initiative selon lui : le renforcement des mécanismes communautaires inclusifs de dialogue et de prévention des tensions, l’amélioration de l’accès aux services sociaux de base et le renforcement de la résilience socio‑économique.
Des interventions ciblées et financées
Le projet cible les territoires de Lubero, Beni et Uvira, ainsi que certaines zones de Rutshuru et Masisi. Dotée d’un financement de 3 millions de dollars américains, l’initiative entend créer les conditions d’un retour sûr, digne et durable pour les déplacés et les communautés d’accueil.
Germain Aboki
