Le président de la République démocratique du Congo, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a annoncé dimanche qu’il s’adresserait prochainement à la Nation pour préciser les contours du dialogue national inclusif qu’il entend mettre en place, alors que l’opposition a décidé de relancer ses actions de mobilisation.
En déplacement à Libreville, au Gabon, le chef de l’État a évoqué le processus lors d’un échange avec des membres de la diaspora congolaise. Selon la présidence congolaise, il a réaffirmé sa volonté de poursuivre les efforts en faveur de la paix, notamment dans le cadre des processus engagés à Washington et à Doha, tout en défendant la souveraineté et l’intégrité territoriale de la RDC.
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| La diaspora congolaise à Libreville |
«Ce dialogue sera différent de tous les dialogues qu’a connus ce pays», a déclaré Félix Tshisekedi, sans toutefois préciser la date de son adresse à la Nation ni les modalités concrètes du futur processus.
L’annonce intervient au lendemain de la réunion de la Coalition Article 64 (C64), qui regroupe plusieurs figures de l’opposition. La coalition avait fixé au 15 août la date à laquelle elle devait évaluer les avancées obtenues depuis l’ouverture de discussions avec les principales confessions religieuses.
Le 17 juillet, le président Tshisekedi avait rencontré des responsables de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et de l’Église du Christ au Congo (ECC), engagés dans une démarche visant à favoriser un dialogue entre les différentes composantes de la société congolaise.
À la suite de ces consultations, la C64 avait renoncé à une marche initialement prévue le 22 juillet et décidé d’observer une période d’attente jusqu’au 15 août.
Depuis, plusieurs mesures ont été considérées comme des signes de décrispation politique, notamment la restitution de passeports à certains opposants. Le président de la République avait également demandé une nouvelle délibération parlementaire du texte portant sur les conditions d’organisation d’un éventuel référendum.
Pour la C64, ces mesures restent toutefois insuffisantes.
L’opposition annonce de nouvelles mobilisations
Réunie samedi dernier, la coalition a estimé que le renvoi du texte référendaire devant le Parlement ne constituait ni un retrait du projet ni une renonciation formelle à une éventuelle modification de la Constitution.
Elle a par conséquent annoncé la reprise de ses actions de mobilisation et appelé à une marche pacifique nationale le 15 septembre. À Kinshasa, les manifestants doivent notamment converger vers le Palais du Peuple.
Le pouvoir exécutif avait, de son côté, rejeté l’idée que l’échéance du 15 août puisse constituer un ultimatum imposé au chef de l’État.
Le 28 juillet, le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, avait confirmé que Félix Tshisekedi souhaitait organiser un dialogue national et prendre une ordonnance afin d’en définir le cadre. Il avait toutefois insisté sur le fait que le calendrier présidentiel ne pouvait être dicté par une échéance fixée par l’opposition.
Le contenu du dialogue reste à définir
L’annonce faite à Libreville confirme donc que Félix Tshisekedi maintient le projet de dialogue national inclusif, malgré les divergences persistantes avec une partie de l’opposition.
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Les principales inconnues concernent désormais le calendrier, le cadre juridique, l’ordre du jour ainsi que les forces politiques et sociales appelées à participer au processus.
Dans un pays confronté à la fois à une crise sécuritaire persistante dans l’est et à de profondes divisions politiques, le dialogue annoncé par le président de la République pourrait constituer une nouvelle tentative de rapprochement entre le pouvoir, l’opposition et les différentes composantes de la société congolaise.
Mais avant son ouverture, le processus devra encore convaincre ses principaux acteurs de sa crédibilité et de son caractère réellement inclusif. Wait and see.
La Rédaction




