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BULE : prêts à retourner chez eux, les déplacés posent une condition à Gaby Kasongo !

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BULE : prêts à retourner chez eux, les déplacés posent une condition à Gaby Kasongo !

Le retour des habitants de Bule est désormais au cœur des préoccupations des autorités de l’Ituri. Mais derrière l’appel du gouverneur militaire Gaby Kasongo à regagner les foyers se dessine une réalité plus complexe.

Après près de huit mois passés sur le site de déplacés de la plaine de Savo, les quelque 50 000 habitants ayant fui Bule disent ne pas être prêts à rentrer, faute de garanties suffisantes sur leur sécurité.

Le général Gaby Kasongo a lancé son appel mardi 11 août, lors de sa première visite à Bule, situé dans le territoire de Djugu, déserté depuis fin 2025 à la suite des violences.

«Peuple de Bule, que chacun retourne à sa maison. Signalez les menaces et les comportements suspects», avait déclaré le gouverneur militaire devant la population.

Son déplacement a été salué par ENTE,  l'association culturelle regroupant les Hema. Dans un récent communiqué de presse, l’organisation a salué la présence du gouverneur auprès d’une population qui, selon une certaine opinion, s’était sentie abandonnée dans sa détresse par l’administration militaire.

Mais sur le site de la plaine de Savo, l’appel au retour ne suffit pas à dissiper les craintes. Depuis novembre 2025, les habitants de Bule vivent loin de leurs habitations. Ils avaient fui les affrontements récurrents entre les Forces armées de la République démocratique du Congo et le groupe armé Convention pour la révolution populaire de Thomas Lubanga.

Pris au piège des violences, les habitants ont abandonné leurs maisons, leurs terres et leurs activités économiques pour trouver refuge sur le site de déplacés. Depuis, ils y vivent dans des conditions difficiles, loin de leurs moyens habituels de subsistance.

Aujourd’hui, le retour apparaît comme une perspective souhaitée, mais qui reste conditionnée à l’amélioration de la situation sécuritaire. Les déplacés affirment ne pas avoir suffisamment confiance dans le dispositif sécuritaire actuellement en place à Bule. Certains militaires déployés dans la zone sont accusés par des habitants de graves violations des droits humains, notamment de meurtres, de pillages et d’arrestations arbitraires.

Des civils affirment également être régulièrement assimilés aux combattants de la CRP, ce qui, selon eux, alimente la peur et complique davantage leur retour.

Ces accusations, formulées par les habitants déplacés, n’ont pas été étayées dans les informations disponibles par des éléments indépendants. Elles constituent néanmoins l’un des principaux obstacles qu’ils mettent en avant pour expliquer leur refus de rentrer immédiatement.

Pour un responsable du site de déplacés cité par nos confrères de Radio Okapi, le remplacement des militaires actuellement déployés à Bule pourrait contribuer à restaurer la confiance. «Ils ne sont pas prêts à revenir. Si on récupérait ces militaires et qu’on les remettait à Fataki ou à Djugu-Centre, là, le retour pourrait être facile», explique-t-il.

Le défi pour les autorités est désormais de transformer l’appel au retour en garanties concrètes. Pour les habitants de Bule, retrouver leurs maisons signifie aussi pouvoir y vivre sans craindre de nouvelles violences, des arrestations ou des représailles.

Le gouverneur militaire a, de son côté, appelé les populations à collaborer avec les services de sécurité et à signaler les menaces et les comportements suspects. Il a également demandé aux forces de défense de renforcer la protection des civils et de leurs biens.

Mais entre la volonté affichée des autorités et les craintes exprimées par les déplacés, le fossé reste important. Lors de sa visite, le gouverneur de l’Ituri, le général-major Gaby Kasongo, a également dénoncé ce qu’il considère comme une instrumentalisation de la population déplacée par certains acteurs politiques.

Il les accuse d’exploiter la détresse des populations à des fins personnelles et de faire obstacle aux efforts visant à favoriser le retour à la paix dans la région. Cependant, après huit mois d’exil, la population réclame davantage que des appels à rentrer. Elle demande des garanties de sécurité et la restauration de la confiance.

En tout cas, l’enjeu est désormais de créer les conditions permettant aux habitants de retrouver leurs foyers. Pour les déplacés, la question reste plus simple et plus fondamentale, rentrer oui, mais seulement s’ils sont certains de pouvoir y rester en sécurité.

La Rédaction