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| Photo d'illustration |
Près de deux ans après un message lancé par les autorités coutumières de la communauté Alur dénonçant la présence de combattants de la milice CODECO sur leur territoire, une nouvelle alerte relance les inquiétudes quant à l'évolution de la situation sécuritaire dans le territoire de Mahagi, au nord-est de la République démocratique du Congo.
Munguromo Pirowambe David, acteur sociopolitique et défenseur des droits des citoyens, affirme que des éléments de la CODECO en provenance du territoire voisin de Djugu auraient récemment renforcé leur présence dans les groupements de Ruvinga, Arée et Muswa, en chefferie des Mokambo.
Selon lui, ces hommes armés auraient multiplié les barrières illégales sur plusieurs axes routiers, entravant la libre circulation des personnes et des biens. Il estime que cette présence constitue une menace pour la sécurité des populations civiles et pourrait compromettre les efforts de stabilisation engagés par les autorités provinciales.
Pour l'acteur de la société civile, cette situation représenterait également une remise en cause des mesures sécuritaires récemment annoncées par le gouverneur militaire de la province de l'Ituri.
Un cri d'alarme qui fait écho à celui de 2024
Cette alerte intervient dans un contexte marqué par des préoccupations de longue date concernant la présence de la CODECO dans certaines chefferies de Mahagi.
En septembre 2024, les chefs coutumiers de la communauté Alur du territoire de Mahagi avaient déjà lancé un message adressé aux chefs coutumiers, aux chefs de secteurs et aux notables de la communauté Lendu. Ils les appelaient à intervenir afin que les combattants de la CODECO, qu'ils présentaient comme étant issus de leur communauté, quittent les localités des Alur qu'ils occupaient.
«Aux chefs coutumiers, aux chefs des secteurs et à toutes les notabilités Lendu, pourquoi ne demandent-ils pas à leurs fils de la CODECO, qui ont occupé le sol des Alur, qui tuent, violent et pillent les biens des populations Alur, de quitter notre sol ?», interrogeaient-ils dans leur déclaration.
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| M. Munguromo Pirowambe David, acteur sociopolitique et défenseur des droits des citoyens à Mahagi. |
Les autorités coutumières affirmaient alors que quatre des huit chefferies de la communauté Alur - Panduru, Mokambo, Djukoth et Walendu-Watsi - étaient occupées illégalement par des miliciens de la CODECO. Elles insistaient également sur leur volonté de préserver les relations entre les communautés Alur et Lendu, estimant que les tensions ne devaient pas être entretenues entre les populations.
«Dites aux notables Lendu qu'ils demandent aux CODECO, qui sont leurs fils, de quitter le sol des Alur. Les Alur n'ont pas besoin que les Lendu soient leurs ennemis parce que les Alur ne connaissent pas ce qu'est la rébellion», concluaient les chefs coutumiers dans ce message.
Près de deux ans plus tard, la nouvelle alerte de Munguromo Pirowambe David intervient dans un contexte où les préoccupations exprimées à l'époque semblent, selon des observations, demeurer d'actualité, notamment en chefferie des Mokambo, où cette voix locale laisse entendre un nouveau renforcement des éléments CODECO.
Appel à une mission de vérification
Face à cette situation, Munguromo Pirowambe David appelle les organisations de la société civile de Mahagi et de Djugu à se mobiliser. Il demande également à l'administration militaire d'envoyer une mission de vérification à Kpandroma afin d'établir les faits, d'évaluer la situation sécuritaire sur le terrain et d'engager un dialogue susceptible d'aboutir au retrait des hommes armés de la chefferie des Mokambo.
Il exhorte enfin les autorités compétentes à prendre les dispositions nécessaires pour prévenir toute dégradation de la situation sécuritaire et garantir la libre circulation des personnes et de leurs biens dans le territoire de Mahagi.
La Rédaction

