Le retour des habitants de Bule vers leur village s’amorce progressivement, après plusieurs mois de déplacement provoqué par les affrontements répétés entre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et la rébellion Convention pour la révolution populaire (CRP) de Thomas Lubanga.
Le mouvement intervient quelques jours après l’appel lancé, mercredi 12 août, par le gouverneur de l’Ituri, le général-major Gaby Kasongo, lors d’une visite à Bule. Les autorités provinciales ont invité les populations déplacées à regagner leurs villages, affirmant que les conditions de sécurité s’étaient améliorées.
Plus de 50 000 personnes concernées
Depuis près de neuf mois, plus de 50 000 habitants de Bule ont trouvé refuge sur le site de déplacés de la Plaine Savo, situé non loin de leurs habitations.
Depuis la visite du gouverneur, un mouvement de retour, encore limité mais régulier, est observé vers Bule. Plusieurs familles ont commencé à regagner leurs domiciles, encouragées par les assurances données par les autorités sur la situation sécuritaire.
La présence renforcée de la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) contribue également à ce mouvement. Les Casques bleus ont intensifié leurs patrouilles dans et autour de Bule afin de renforcer la protection des civils et de rassurer les populations qui souhaitent rentrer.
Des maisons détruites et des biens pillés
Pour certains habitants, le retour ne signifie toutefois pas un retour à la normale.
À leur arrivée, plusieurs familles ont découvert leurs maisons détruites ou endommagées et leurs biens emportés pendant leur absence. Elles demandent désormais l’appui des autorités congolaises et des organisations humanitaires pour reconstruire leurs habitations, retrouver des moyens de subsistance et faciliter leur réinstallation.
Les besoins sont d’autant plus importants que de nombreux déplacés ont passé plusieurs mois loin de leurs maisons, dans des conditions de vie difficiles.
La méfiance envers les forces de sécurité persiste
Malgré l’appel des autorités, une partie de la population reste prudente. Des sources locales font état d’une méfiance persistante envers certains éléments des FARDC, auxquels sont reprochées des violations présumées des droits humains.
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Ces accusations, qui nécessitent des vérifications indépendantes, alimentent les inquiétudes de certains habitants et pourraient ralentir le processus de retour.
La sécurisation durable de la zone apparaît ainsi comme un élément déterminant pour convaincre les familles encore installées dans les sites de déplacés de rentrer chez elles.
La menace des engins explosifs
À ces préoccupations s’ajoute un autre risque lié à la présence potentielle d’engins explosifs. Deux dispositifs aurait été découverts jeudi dernier dans le centre de Bule, selon des sources locales. Leur découverte a suscité de nouvelles inquiétudes parmi les habitants, alors que le retour des populations se poursuit.
La population demande aux autorités de procéder à une opération de déminage et de sécurisation des zones concernées avant que les habitants ne reprennent pleinement leurs activités quotidiennes.
Un retour qui reste fragile
Pour les autorités provinciales, le retour des déplacés constitue un signe d’amélioration de la situation sécuritaire. Mais sur le terrain, les destructions, le manque de moyens, les accusations de violations des droits humains et la menace des engins explosifs montrent que le processus reste fragile.
La réussite de ce retour dépendra notamment de la capacité des autorités et des acteurs humanitaires à garantir la sécurité des civils, à réhabiliter les infrastructures détruites et à accompagner les familles dans leur réinstallation. À suivre.
La Rédaction

