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EXCLUSIF : «Nous craignons la répétition des événements du passé, d’autant plus que Thomas Lubanga, à la tête de la CRP, menace la sécurité de l’Ituri depuis l’Ouganda voisin», alerte l'association LORI

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EXCLUSIF : «Nous craignons la répétition des événements du passé, d’autant plus que Thomas Lubanga, à la tête de la CRP, menace la sécurité de l’Ituri depuis l’Ouganda voisin», alerte l'association LORI

La commémoration du 25ᵉ anniversaire du massacre de plus de 250 membres de la communauté Lendu, perpétré le 19 janvier 2001 à Bunia par l’armée ougandaise, ne s’est pas limitée à un moment de recueillement.

Elle a pris la forme d’un rappel puissant de la mémoire collective de l’Ituri, une mémoire faite de douleurs partagées, de villages vidés, de générations sacrifiées et de déplacés qui vivent encore aujourd’hui dans des conditions précaires.

La guerre en Ituri n’a jamais profité aux communautés locales. Elle a surtout servi les groupes armés et leurs parrains occultes. Les massacres de 1999 à 2003 puis la résurgence de l’insécurité depuis 2017 ont laissé des cicatrices profondes.

La mémoire des victimes Lendu s’inscrit dans une douleur commune à toutes les communautés, rappelant que chaque communauté a payé un lourd tribut. Cette mémoire collective devient un ciment intercommunautaire, un appel à refuser la répétition des violences et à reconnaître que la souffrance de l’un est aussi celle de l’autre.

Recueillement et avertissement

La commémoration a débuté par une messe à la paroisse catholique de Yambi Yaya, suivie d’un dépôt de gerbes à Fichama. Les membres de l’association culturelle LORI ont dénoncé le massacre et alerté sur le risque de voir l’histoire se répéter.

«Nous ne sommes pas contre la mutualisation des forces FARDC-UPDF. Cependant, nous craignons la répétition des événements du passé, d’autant plus que Thomas Lubanga, aujourd’hui à la tête de la rébellion CRP, menace la sécurité de l’Ituri depuis l’Ouganda voisin», a déclaré Marcus Mbitso, vice-président de LORI.

«Les récentes interventions de l’UPDF montrent une certaine partialité. Ils ont rasé un village à Arr et commis des exactions contre nos membres à Fataki. Nous appelons cette force à agir avec professionnalisme», a-t-il ajouté. 

Mémoire et vigilance

La présence de l'armée ougandaise dans le territoire de Djugu, dans le cadre de la coopération militaire FARDC-UPDF, est perçue comme une menace potentielle.

Pour les Lendu, la mémoire des massacres passés n’est pas seulement un souvenir, elle est une alerte. Elle rappelle que l’histoire peut se répéter si les acteurs militaires ne font pas preuve de neutralité.

Mémoire et réconciliation

La communauté Lendu a profité de cette commémoration pour lancer un appel aux autres communautés de l’Ituri. Elle les invite à privilégier la paix, soutenir les autorités et refuser tout appui aux forces négatives. Les organisateurs rappellent que l’Ituri se trouve aujourd’hui sur une voie de redressement économique et social et que la paix demeure une condition essentielle à ce processus.

Pour tout dire, la construction d’une paix durable en Ituri reste un chantier immense. Elle exige l’engagement sincère de toutes les communautés, sans calculs ni arrière-pensées. La douleur de l’Ituri ne peut être fragmentée, elle doit être intercommunautaire, transcender les clivages et devenir un levier de réconciliation.

Dans une province marquée par des décennies de violences, la mémoire partagée est peut-être la seule arme capable de désarmer les rancunes. Elle doit servir à bâtir un avenir commun, au lieu d’être instrumentalisée par des acteurs qui profitent du chaos. La réconciliation ne peut se réduire à des discours, elle doit s’ancrer dans la reconnaissance mutuelle des souffrances et dans la volonté de transformer cette mémoire en projet social.

Le bien-vivre ensemble en Ituri ne sera possible que si les communautés refusent la logique des vengeances et des complicités locales. La mémoire collective doit devenir un outil politique de rupture, un rappel que les massacres d’hier ne doivent jamais se répéter. La paix ne se décrète pas, elle se construit par la lucidité, par le refus des forces négatives et par l’engagement des autorités à protéger les populations plutôt que de les abandonner.  

La Rédaction