Au-delà des contradictions, la prise de position du camp Kabila illustre une véritable bataille d’image autour du futur dialogue national. En désavouant le cardinal Ambongo, les proches de l’ancien président cherchent visiblement à imposer leurs propres règles du jeu.
Tenez : la plateforme «Sauvons la RDC», proche de Joseph Kabila, a publié le samedi 1er août une déclaration en sept points. Elle y pose ses conditions pour un dialogue national inclusif : une médiation neutre appuyée par l’Union africaine et l’ONU, la tenue des discussions dans un pays tiers, ainsi que des mesures de décrispation politique (libération des prisonniers, levée des interdictions visant certains partis, retour des exilés).
À la lecture de ces préalables, plusieurs incohérences apparaissent. Les pro-Kabila, qui avaient initialement soutenu les bons offices de l’Église catholique, rejettent désormais cette option. Plus surprenant encore, ils exigent que le dialogue se déroule à l’étranger. Une posture paradoxale, quand on se souvient que Joseph Kabila s’était construit l’image d’un président souverainiste, martelant que les problèmes du Congo doivent trouver des solutions au Congo par des Congolais. L’ancien chef de l’État avait même fustigé les opposants réunis à Genval, en Belgique, pour désigner un candidat commun.
Autre contradiction relevée, c'est la demande de mesures de décrispation politique. En son temps, Joseph Kabila avait refusé cette ouverture à son adversaire Moïse Katumbi, contraint de rester à l’écart du dialogue. Aujourd’hui, ses partisans réclament précisément ce qu’il avait nié à ses opposants.
Ce revirement interroge. Comment ceux qui ont longtemps verrouillé le jeu politique peuvent-ils désormais se poser en défenseurs d’un dialogue inclusif et ouvert? La mémoire semble courte dans le camp Kabila. Mais en politique congolaise, les retournements de position sont monnaie courante. «Qui vivra verra», dit l’adage.
La Rédaction
