Le fils prodigue ne mâche pas ses mots. Pour Augustin Kuratabo, «l’avenir de l’Ituri et de la RDC ne peut être construit ni dans la rébellion, ni dans l’exil au service d’intérêts étrangers». Il appelle directement les cadres de la CRP à « abandonner leur mouvement et à regagner le territoire congolais ».
Thomas Lubanga dans le viseur
L’ancien propagandiste s’attaque frontalement à Thomas Lubanga, qu’il accuse d’avoir «créé une rébellion alors qu’il se trouve dans un pays voisin de la RDC». Kuratabo s’interroge sur «la compatibilité entre l’organisation présumée d’activités subversives depuis un pays d’asile et les obligations liées au statut de réfugié». Une attaque qui, à l’entendre, met en lumière les contradictions de son ancien mentor.
Dans son communiqué, Augustin Kuratabo exhorte les combattants de la CRP à «ne pas prendre les populations civiles en otage» et à «ne pas utiliser les personnes vivant dans les sites de déplacés comme boucliers humains». Il rappelle que «les populations de l’Ituri ont déjà payé un lourd tribut aux violences et méritent désormais de vivre dans la paix et la dignité».
La fin des prétextes Luboya
Pour appuyer son appel, Augustin Kuratabo souligne que «le Général Luboya, que Thomas Lubanga nous avait présenté comme le seul et unique problème, n’est plus à la tête de la province». Il défie les cadres de la CRP : «Quel autre argument pourrait désormais justifier la poursuite de leur engagement armé ?».
Revenu en Ituri il y a quelques jours, Kuratabo affirme avoir retrouvé plusieurs anciens membres de groupes armés, dont l’Autodéfense Zaïre, la CRP et le M23, qui «ont été accueillis et vivent actuellement en sécurité sans être inquiétés». Pour lui, ces retours prouvent que «la voie de la réconciliation reste ouverte».
Son message est sans ambiguïté : «Revenir à la raison» et rejoindre «la famille républicaine». Augustin Kuratabo se pose désormais en témoin de la faillite de la CRP et en promoteur d’une paix qu’il avait longtemps combattue aux côtés de Thomas Lubanga.
NE.