L’opération, menée par des éléments des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), des services de renseignement et de la Police nationale congolaise (PNC), visait à rechercher d’éventuels hommes armés soupçonnés de se trouver parmi les déplacés.
Les forces de sécurité sont intervenues vers une heure du matin et ont procédé à la fouille de plusieurs abris de fortune. Selon des sources sécuritaires, aucune arme ni aucun autre objet considéré comme suspect n’a été découvert au cours de l’opération.
Malgré l’absence de découverte d’armes, 24 personnes ont été arrêtées et conduites à l’état-major de la 32ᵉ région militaire, à Bunia.
Des mineurs parmi les personnes interpellées
Le Comité des déplacés affirme que plusieurs personnes arrêtées sont des mineurs scolarisés. Il dit ne pas connaître les raisons précises de leur interpellation et demande aux autorités de procéder à leur libération.
«Notre cri d’alarme est que ces jeunes soient libérés parce que certains sont des enfants qui étudient», a déclaré Joseph Katho, président du site de Kigonze. Selon lui, le camp fait régulièrement l’objet d’opérations de sécurité.
«Ce camp a été ciblé plusieurs fois. Il y a des services de sécurité qui procèdent souvent à des bouclages dans ce site», a-t-il ajouté.
Des tensions et des tirs de sommation
L’intervention des forces de sécurité a rapidement dégénéré en tensions entre les déplacés et les militaires et policiers présents sur le site.
Des déplacés en colère ont notamment incendié un hangar qui abritait une position des FARDC, située à la périphérie du site. La situation s’est ensuite tendue lorsque certains manifestants ont tenté de s’opposer à l’arrestation des 24 personnes.
Face à cette mobilisation, les militaires ont effectué des tirs de sommation afin de disperser les manifestants et de rétablir l’ordre.
Le calme revenu, la méfiance persiste
Depuis lundi matin, le calme est revenu à Kigonze. Mais l’opération a laissé un climat de méfiance entre les déplacés et les services de sécurité. Craignant de nouvelles opérations de bouclage, certains habitants du site ont choisi de passer la nuit dans des quartiers voisins.
La situation reste suivie de près dans ce site qui accueille des personnes ayant fui les violences persistantes dans plusieurs territoires de l’Ituri. L’interpellation de plusieurs jeunes présentés comme des mineurs par le Comité des déplacés pourrait également alimenter les inquiétudes concernant la protection des personnes vulnérables vivant dans les camps de déplacés.
La Rédaction
