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| Téléphone en main, le Dr Théophile Ponde, Médecin coordonnateur provincial du PNHF-Ituri. |
Aux confins de la République démocratique du Congo et de l’Ouganda, la lutte contre la maladie à virus Ebola se joue aussi au quotidien sur les lignes de frontière. Dans cette zone où les mouvements de populations sont constants, le Programme national d’hygiène aux frontières (PNHF) en Ituri s’impose comme un maillon essentiel du dispositif de surveillance et de riposte.
Sur le terrain, les équipes du PNHF-Ituri sont mobilisées pour renforcer la vigilance sanitaire aux frontières, détecter les alertes, orienter les cas suspects et contribuer au suivi des personnes susceptibles d’avoir été exposées au virus.
C’est précisément l’enjeu mis en avant par le Dr Théophile Ponde, Médecin coordonnateur provincial du PNHF-Ituri, à l’issue de la réunion de coordination conjointe entre les autorités sanitaires congolaises et ougandaises, tenue du 19 au 21 août à Arua, dans le nord-ouest de l’Ouganda.
«Les deux pays doivent renforcer la surveillance de part et d’autre de la frontière, assurer la recherche et le suivi des contacts ayant traversé la frontière et garantir la continuité de leur prise en charge, afin d’éviter toute rupture dans le dispositif de riposte», a expliqué le Dr Théophile Ponde.
Surveillance sans rupture
Cette déclaration résume l’un des principaux défis auxquels sont confrontées les équipes sanitaires opérant dans les zones frontalières : empêcher qu’un déplacement d’une personne exposée au virus ne crée une rupture dans la chaîne de surveillance.
La frontière, pour le Médecin coordonnateur provincial du PNHF-Ituri, ne doit pas être une barrière à la coopération sanitaire, mais un espace de coordination, de vigilance et d’action commune, d’autant plus que les mouvements de voyageurs, de commerçants et de populations entre la RDC et l’Ouganda exigent une surveillance capable de fonctionner des deux côtés et surtout de communiquer rapidement.
Coordination sanitaire renforcée
C’est dans cette logique que le travail des équipes du PNHF-Ituri prend toute son importance. Leur présence sur le terrain permet d’assurer une veille au niveau des points de passage, de recueillir et de transmettre les alertes et de faciliter la collaboration entre les différents acteurs de la riposte.
Le propos du Dr Théophile Ponde en marge de la réunion de coordination conjointe d’Arua met ainsi en évidence une approche fondée sur trois impératifs : surveiller, rechercher et assurer la continuité du suivi.
À l’en croire, la surveillance doit être maintenue de part et d’autre de la frontière. La recherche des contacts doit suivre les personnes lorsqu’elles franchissent cette frontière. Et leur prise en charge ne doit pas être interrompue simplement parce qu’elles passent d’un système sanitaire à un autre. Autrement dit, pour le PNHF-Ituri, la frontière ne doit jamais devenir une rupture dans la riposte contre Ebola.
La réunion d’Arua a également insisté sur la nécessité d’améliorer le partage rapide des alertes et des informations épidémiologiques. Le Dr Théophile Ponde a souligné que cette coopération doit être particulièrement efficace lorsqu’un cas suspect ou un contact est identifié de l’autre côté de la frontière.
Information partagée rapidement
«Les participants à ces assises ont également recommandé l’amélioration du partage rapide des alertes et des informations épidémiologiques entre les équipes sanitaires des deux pays, notamment lorsqu’un cas suspect ou un contact est identifié de l’autre côté de la frontière», a-t-il précisé.
Pour le PNHF-Ituri, cette circulation de l’information est donc indissociable de la surveillance aux frontières. Le dispositif ne peut être efficace que si les informations recueillies sur le terrain parviennent rapidement aux structures capables de déclencher les mesures appropriées.
Communication harmonisée essentielle
Par ailleurs, le Médecin coordonnateur du PNHF-Ituri, le Dr Théophile Ponde, a signifié que cette réunion a également permis de recommander l’harmonisation des messages de communication sur les risques dans les communautés frontalières.
L’objectif est de réduire les rumeurs, combattre la désinformation et encourager les populations à participer activement à la surveillance dans un contexte où la communication devient un outil de prévention à part entière.
Informer correctement, expliquer les risques et favoriser le signalement précoce des situations suspectes permettent de renforcer le système de surveillance communautaire, peut-on en déduire.
Protocole d’accord appliqué
Les recommandations issues d’Arua s’inscrivent dans la mise en œuvre du protocole d’accord signé le 23 juin 2026 entre la RDC et l’Ouganda. Des réunions de suivi sont annoncées à Kampala et à Oima, en Ouganda, afin de consolider les mécanismes de coopération définis entre les deux pays.
Pour la province de l’Ituri, il faut dire que cette dynamique représente un enjeu significatif. La province partage une longue frontière avec l’Ouganda et constitue un espace où les mouvements transfrontaliers sont importants.
PNHF-Ituri en première ligne
Dans ces conditions, le PNHF-Ituri entend rester au cœur du dispositif. La surveillance aux frontières, la détection des alertes, la recherche des contacts, le partage de l’information et la sensibilisation des communautés constituent autant de lignes de défense contre une éventuelle propagation du virus.
La communication du Dr Théophile Ponde traduit finalement une vision de la riposte qui dépasse le simple contrôle aux postes frontières. Ils dessinent un système sanitaire transfrontalier dans lequel aucune alerte ne doit être perdue, aucun contact ne doit échapper au suivi et aucune prise en charge ne doit être interrompue.
Riposte transfrontalière durable
À Arua, Kinshasa et Kampala ont affiché leur volonté de renforcer cette coordination. Mais sur le terrain, ce sont les équipes sanitaires, notamment celles du PNHF en Ituri, qui devront donner une traduction concrète à ces engagements.
Dans la lutte contre Ebola, la frontière est à la fois une zone de risque et une première ligne de défense. Et en Ituri, le PNHF est au cœur de cette première ligne. Il y a peu, lors de l’inauguration le 7 août dernier d’un Centre de Traitement Ebola (CTE) à Kasenyi, dans la zone de santé de Tchomia, dans le cadre du renforcement de la réponse commune à la maladie à virus Ebola, le Dr Théophile Ponde soulignait encore que cette collaboration multidisciplinaire constitue un élément essentiel de la réponse à l’épidémie entre la RDC et l’Ouganda.
Germain Aboki



