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| La ministre de la Jeunesse, Grâce Kutino |
La ministre de la Jeunesse, Grâce Kutino, a lancé dimanche dans la soirée la campagne «Oui, je le veux», une initiative destinée à soutenir une réforme de la Constitution en République démocratique du Congo.
Cette annonce intervient alors que le débat sur une éventuelle révision du texte fondamental reste au cœur des discussions politiques, quelques jours après la décision de la Cour constitutionnelle sur la loi portant organisation du référendum.
Dans une adresse diffusée dans la soirée, la ministre a expliqué que cette campagne est le résultat de consultations menées auprès des jeunes dans les 26 provinces du pays. Selon elle, l'objectif est de promouvoir une Constitution «plus inclusive, plus représentative et davantage adaptée aux réalités actuelles», tout en renforçant la place de la jeunesse dans les processus de décision.
Grâce Kutino a également annoncé l'organisation d'une marche pacifique prévue le 12 août à Kinshasa, à l'occasion de la Journée internationale de la jeunesse. Cette mobilisation vise à afficher le soutien des participants à la campagne en faveur d'une réforme constitutionnelle.
Cette initiative est lancée dans un contexte politique marqué par les réactions suscitées par l'arrêt de la Cour constitutionnelle validant la proposition de loi portant organisation du référendum.
La Haute Cour a jugé le texte conforme à la Constitution tout en formulant des réserves sur plusieurs dispositions, lesquelles doivent être annexées lors de la publication de la loi au Journal officiel.
La décision de la Cour constitutionnelle continue d'alimenter des interprétations opposées au sein de la classe politique.
La coalition C64 dénonce un arrêt qu'elle considère comme une remise en cause de l'ordre constitutionnel. Dans une déclaration, la plateforme accuse la Cour constitutionnelle de s'être rendue complice d'une entreprise visant, selon elle, à renverser l'ordre constitutionnel. Elle qualifie cette décision de «cristallisation de la haute trahison».
Le gouvernement rejette cette lecture. Lors d'un briefing de presse conjoint avec le ministre de l'Intégration régionale, Floribert Anzuluni, le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a estimé que la décision de la Cour s'inscrivait dans le cours normal du processus législatif.
Selon lui, le texte a suivi son parcours à l'Assemblée nationale puis au Sénat avant d'être examiné par la Cour constitutionnelle. Il a rappelé que celle-ci l'avait déclaré conforme à la Constitution tout en émettant des réserves sur certaines dispositions, sans en annuler aucune.
Patrick Muyaya a également souligné que cette décision établit le cadre juridique du référendum, mais qu'elle ne signifie ni son organisation ni son lancement.
C'est dans ce climat de débat politique autour de l'avenir de la Constitution que la campagne «Oui, je le veux» fait son apparition, avec l'ambition affichée de mobiliser la jeunesse en faveur d'une réforme du texte fondamental en RDC. Qui vivra, verra.
La Rédaction



