La visite du gouverneur militaire Gaby Kasongo à Bule avait nourri l’espoir d’un retour progressif à la normale. Mais à peine quelques jours plus tard, la société civile de la chefferie des Bahema-Badjere dénonce un nouvel épisode de bavures qui replonge la population dans la peur.
En effet, le 28 août dernier, un adolescent de 14 ans et sa sœur, déplacés revenus préparer la réhabilitation de leur maison familiale, auraient été pris en otage par des hommes armés, selon des sources locales. La jeune fille aurait subi des violences sexuelles, tandis que son frère aurait été torturé au point de souffrir de fractures aux deux bras. Le garçon aurait été transféré en urgence à l’hôpital de Médecins Sans Frontières du site de Plaine Savo.
Face à ce drame, l’honorable Espérance Musafiri dénonce ce qui apparaît comme une incohérence dans la politique des autorités compétentes face à la situation de Bule. Comment demander aux déplacés de regagner leurs habitations tout en les abandonnant sans protection, livrés aux exactions des hommes armés et aux dérives de certains éléments des FARDC, s’interroge Espérance Musafiri. Pour elle, la population de Bule est injustement assimilée à la rébellion CRP. La réalité est qu’elle est prise en étau entre ces miliciens et militaires censés la protéger, a-t-elle laissé entendre.
La députée nationale honoraire rappelle que depuis l’installation des combattants de la CRP en décembre 2025, les habitants de Bule sont traités comme des ennemis à abattre. Elle juge inconcevable que ces civils continuent à subir des atrocités sous prétexte de collusion avec un groupe armé créé par des individus qui poursuivent leurs objectifs personnels. Cette logique de suspicion permanente, dit-elle, ne fait qu’alimenter la spirale de violences.
Espérance Musafiri avertit que tant que la sécurité ne sera pas assurée par des éléments FARDC bien disciplinés, tout processus de retour volontaire des déplacés restera compromis. Revenir dans ces conditions, c’est exposer les familles à de nouveaux crimes, a souligné Espérance Musafiri.
Sans détour, elle réclame le remplacement immédiat des militaires incontrôlés accusés de maltraitances, ainsi que le retrait des éléments CRP de la région de Bule et ses environs. Elle insiste notamment sur l’ouverture d’enquêtes pour que les responsables de ces drames répondent devant la justice. Pour Espérance Musafiri, seule une action ferme et transparente pourra rendre dignité et sécurité aux victimes.
Dans le même élan, elle estime que l’on pouvait espérer au retour des déplacés après le passage des autorités compétentes à Bule, à condition que la sécurité soit garantie pour permettre aussi la rentrée scolaire.
Par ailleurs, Espérance Musafiri rappelle que le cessez-le-feu annoncé par la CRP devait s’accompagner de son retrait de Bule et de ses environs. Pour elle, le changement doit être radical sur le terrain avec l’arrivée du nouveau gouverneur militaire, et elle déclare croire au changement attendu.
En tout cas, ces actes de bavures enregistrés devraient être pris par le gouverneur militaire comme un sabotage de son engagement à imposer l’autorité de l’État, fait savoir EspéranceMusafiri. Il doit tirer les conséquences de ces militaires qui ont travaillé avec son prédécesseur dont certains continueraient de maltraiter la population, a soutenue la députée honoraire et Notable de la région.
Cet épisode continuel et tragique souligne l’impasse sécuritaire persistante dans la chefferie des Bahema-Badjere à Bule. Les bavures attribuées aux militaires et l’impunité des groupes armés compromettent tout espoir de paix. La voix d’Espérance Musafiri, une fois de plus, se veut un cri d’alarme alertant les autorités compétentes et leurs partenaires, dont la MONUSCO, pour rétablir la sécurité durable dans la chefferie des Bahema-Badjere.
La Rédaction
