Une alerte lancée par la coordination territoriale de la Société civile du Congo (SOCICO) sur la présence de vendeurs ambulants étrangers non identifiés dans le territoire de Mahagi a conduit l’administrateur militaire du territoire, le colonel Jacques Dissanoa Lalua, à ordonner un renforcement des contrôles sur le petit commerce.
La séquence, qui mêle préoccupations sécuritaires, contrôle administratif et réglementation du commerce, illustre les tensions auxquelles sont confrontées les autorités locales dans une zone où la surveillance des mouvements de personnes et des activités économiques constitue un enjeu sensible.
Dans son signalement adressé à l’administrateur territorial, la SOCICO avait affirmé avoir constaté, au cours d'une mission destinée à identifier les facteurs d'insécurité, une «circulation massive de vendeurs ambulants étrangers sans adresse de commerce».
L’organisation citoyenne dit avoir particulièrement relevé leur forte mobilité. Selon elle, certains vendeurs changeraient de lieu «plusieurs fois par jour», se déplaçant entre différentes chefferies, quartiers et la commune de Mahagi.
La SOCICO met également en avant des difficultés d’identification et de traçabilité. Elle affirme que certains de ces vendeurs «ne maîtrisent pas les langues locales et ne connaissent aucune adresse», ce qui, selon elle, compliquerait leur localisation après un éventuel incident.
Une alerte présentée comme un enjeu de sécurité
Au-delà de la question commerciale, la SOCICO estime que ces observations pourraient avoir une dimension sécuritaire.
Dans son rapport, l’organisation qualifie la situation de «menace potentielle à l'ordre public et une insécurité en gestation». Elle évoque également la possibilité d’un «réseau organisé», tout en fondant cette appréciation sur le mode de déplacement et l’absence supposée de traçabilité des personnes concernées.
L’administrateur territorial durcit le ton
À la suite de cette alerte, l’administrateur militaire du territoire de Mahagi a diffusé une instruction destinée à l'ensemble de la population. Le colonel Jacques Disanoa Lalua rappelle que, selon son communiqué, le petit commerce - notamment la vente au détail, les marchés, les kiosques et le commerce ambulatoire - est réservé aux citoyens congolais et soumis à des formalités administratives.
Le message est particulièrement direct. «Il est strictement interdit à tous les étrangers en Territoire de Mahagi d'exercer le petit commerce», a-t-il rappelé. Sans aller par quatre chemins, le colonel Jacques Dissanoa Lalua demande au Service de l'Économie nationale du territoire de Mahagi de procéder «sans délai» au contrôle des activités concernées et à l'interpellation des contrevenants.
Il appelle également la DGM, l'ANR et la PNC à apporter leur concours à l'application de cette instruction dans les différentes entités administratives du territoire, notamment les chefferies et les communes rurales. Cette décision transforme ainsi l'alerte de la Société Civile du Congo en une consigne administrative et sécuritaire à portée territoriale.
La SOCICO salue la décision
Pour Nestor MunguJakisa, coordonnateur territorial de la SOCICO/Mahagi, la réaction de l'administrateur territorial constitue une réponse à l'alerte lancée par sa structure.
La coordination territoriale de la SOCICO, affirme-t-il, «salue l'excellente décision de l'Administrateur Militaire du Territoire de Mahagi», prise à la suite de l'alerte adressée aux services de sécurité territoriale.
Dans son message parvenu ce vendredi à notre Rédaction, le responsable de cette structure citoyenne insiste également sur le rôle de la société civile dans la surveillance de la situation sécuritaire et dans la représentation des préoccupations de la population. Quant à la SOCICO, elle reste un acteur important de la sécurité et de la représentation de la communauté, a-t-il souligné.
La Rédaction
