La tension reste vive dans le centre commercial de Ndrele, en chefferie de Jukoth, dans le territoire de Mahagi, après le double assassinat de deux commerçants, survenu ces derniers jours dans des circonstances encore non élucidées. Face à la colère et à l’émotion suscitées par ces meurtres, la Société Civile Forces Vives appelle la population au calme et exhorte chacun à laisser la justice établir les responsabilités.
Dans une déclaration faite dimanche 30 août à la presse locale, le sous-coordonnateur de la structure, Jacques Pithuwa, a reconnu la douleur provoquée par la mort des deux victimes, identifiées comme le commerçant Uponjuru et son vendeur Ukumu. «Nous ressentons très douloureusement et très émotionnellement l'assassinat de nos deux chers frères», a-t-il déclaré, présentant ses condoléances aux familles et aux proches des victimes.
Selon Jacques Pithuwa, les autorités judiciaires ont déjà pris en charge le dossier. Il demande par conséquent à la population de ne pas se faire justice elle-même et de permettre aux enquêteurs de travailler dans le calme. «La population doit maintenant s'apaiser pour la sécurité, et laisser la justice faire son travail en toute indépendance, en toute impartialité et en toute sérénité», a-t-il insisté.
Cet appel intervient alors que des actes de vandalisme auraient visé les biens d'une personne soupçonnée dans le cadre de cette affaire, sur la base de rumeurs qui, selon la société civile, n'ont pas encore été vérifiées. La Société Civile Forces Vives condamne ces violences et met en garde contre toute tentative de représailles fondée sur des accusations non établies.
La situation demeure particulièrement tendue à Ndrele. Un deuil a été décrété et plusieurs commerces ont fermé leurs portes. Les activités socio-économiques sont fortement perturbées, tandis que des manifestations et rassemblements sont organisés en mémoire des deux victimes.
Dans ce contexte de forte émotion, les acteurs de la société civile redoutent que la colère consécutive aux assassinats ne dégénère en nouvelles violences. Jacques Pithuwa appelle ainsi les habitants à privilégier «la paix» et «la cohésion sociale», estimant que la stabilité du centre commercial est indispensable à son développement.
La société civile demande également aux services de sécurité de renforcer leur présence et d'assumer pleinement leur mission de protection de la population et de ses biens. Elle encourage, dans le même temps, une collaboration entre les forces de sécurité et les différentes composantes de la communauté afin de prévenir de nouveaux incidents.
Autre préoccupation exprimée, c’est le risque de voir le double assassinat prendre une dimension communautaire. «Nous ne voudrions pas entendre tout propos de communautarisation de ce double assassinat et de tous les actes de vandalisme qui ont suivi cet assassinat», a averti Jacques Pithuwa.
Pour la Société Civile Forces Vives, l'unité de la population doit rester une priorité alors que les circonstances exactes de la mort des deux commerçants restent à établir.
La Rédaction
