«Les lumumbistes de la bonne école ont toujours considéré que les Constitutions appliquées au Congo depuis 1960 ont été, dans leur origine ou leur finalité, des Constitutions de transition», a déclaré Adolphe Muzito. Selon le président de Nouvel Élan, le problème fondamental ne résiderait pas uniquement dans le contenu des textes constitutionnels, mais dans les conditions de leur élaboration et de leur adoption.
«Le péché originel tient au fait que le peuple n’a pas toujours été le véritable auteur de son pacte fondamental», a-t-il ajouté.
Ces déclarations interviennent alors que la question d’une modification de la Constitution continue d’alimenter les discussions politiques en RDC. Depuis plusieurs mois, des voix issues de la majorité au pouvoir défendent l’idée d'une révision, voire d'une nouvelle Constitution, tandis que l'opposition et certaines organisations de la société civile expriment des réserves sur une telle perspective.
Pour les partisans d'une réforme, l'objectif serait notamment d'adapter les institutions aux réalités politiques et sociales du pays et de corriger certaines faiblesses du fonctionnement de l'État. Pour leurs détracteurs, une modification du texte fondamental pourrait, au contraire, ouvrir la voie à une remise en cause des équilibres institutionnels et démocratiques.
La prise de position d'Adolphe Muzito s'inscrit dans une réflexion plus large sur le rapport entre souveraineté populaire, légitimité constitutionnelle et construction de l'État congolais. Son analyse renvoie à une conception de la souveraineté selon laquelle la Constitution ne devrait pas seulement organiser les pouvoirs publics, mais constituer l'expression d'un véritable contrat politique entre le peuple et les institutions.
Cette approche donne une dimension historique au débat actuel. Elle suggère que la question ne serait pas simplement de savoir s'il faut modifier la Constitution, mais aussi qui doit en être l'auteur et au nom de quelle légitimité.
Pour rappel, la Constitution actuellement en vigueur en RDC a été adoptée par référendum en décembre 2005, dans le cadre de la transition politique qui a suivi les guerres et crises ayant marqué le pays à la fin des années 1990 et au début des années 2000.
Depuis, le texte a constitué le cadre juridique des institutions de la Troisième République, tout en faisant l'objet de plusieurs débats et controverses sur son interprétation et son application.
Les propos de Muzito posent donc une question de fond : une éventuelle réforme devrait-elle se limiter à modifier certaines dispositions du texte existant ou ouvrir la voie à une refondation plus profonde du pacte institutionnel ? Le débat sur la question reste ouvert en République démocratique du Congo.
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