À l’origine de la polémique, une décision du gouverneur militaire de l’Ituri, le général-major Gaby Kasongo, portant notamment sur l’interdiction des tracasseries et du racket aux différentes barrières. Ce document demande également aux administrateurs des territoires de répertorier et de documenter tout cas de tracasserie constaté dans différents secteurs.
Mais pour la Société Civile du Congo, cette décision ne constitue en aucun cas une autorisation permettant aux acteurs de la société civile de fermer, casser, détruire ou sceller les portes des services de l’État.
«Le document du gouverneur n’est pas un document autorisant les désordres dans le territoire de Mahagi. Quel est le vrai rôle de la société civile ? La société civile ne doit pas être un outil d’instrumentalisation au profit des remparts d’argent», dénonce la SOCICO de Mahagi.
La SOCICO dénonce des méthodes jugées violentes
Le coordonnateur territorial de la SOCICO à Mahagi, Nestor Mungudjakisa, se dit profondément préoccupé par la tournure prise par la situation. Selon lui, des membres de la Société Civile Forces Vives ont recouru à la violence, allant jusqu’à sceller la porte d’un service de l’État.
Pour ce responsable de la SOCICO, une organisation de la société civile ne peut pas se substituer aux autorités publiques ni exercer des prérogatives relevant des institutions judiciaires. «Ils ont scellé la porte d’un service de l’État et, à Mahagi, hier, ils ont même frappé certains agents des services de l’État», regrette Nestor Mungudjakisa.
Il estime que de tels comportements sont incompatibles avec la mission de la société civile. Sans ambiguïté, «on ne peut pas appuyer le désordre», martèle le coordonnateur territorial de la SOCICO à Mahagi.
La SOCICO considère ainsi que la dénonciation des tracasseries doit se faire dans le cadre des mécanismes prévus par la loi, sans recours à la violence ni à des actions susceptibles de perturber le fonctionnement des services publics.
«Même s’il faut sceller des portes, il y a des procédures»
Nestor Mungudjakisa insiste particulièrement sur la question des procédures. Pour lui, le fait de constater une irrégularité ne confère pas automatiquement aux organisations citoyennes le pouvoir de fermer ou de sceller un service. «Même s’il faut sceller des portes, il y a des procédures. Et puis, c’est le procureur qui scelle les portes. Même si c’est commercial, c’est le procureur», explique-t-il.
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| Décision du gouverneur militaire |
La SOCICO rappelle donc que les acteurs de la société civile doivent documenter les abus, les dénoncer auprès des autorités compétentes et assurer leur rôle de veille citoyenne, plutôt que de poser eux-mêmes des actes relevant des pouvoirs de l’État.
«La Société Civile ne remplace pas l’État»
Pour Nestor Mungudjakisa, le rôle de la société civile est avant tout d’accompagner les institutions, de défendre les intérêts de la population et d’alerter sur les abus, et non de se substituer à l’administration ou à la justice.
Il dénonce dès lors ce qu’il considère comme un dépassement des prérogatives de certains acteurs de la Société Civile Forces Vives dans le territoire de Mahagi. «Ce qu’ils sont en train de faire n’est nulle part prévu dans les textes légaux qui régissent la société civile. Nulle part il n’est écrit qu’un acteur de la société civile ou son coordonnateur peut se permettre de fermer la porte d’un service de l’État», affirme-t-il.
Le responsable de la SOCICO appelle ses collègues à revenir à leur mission première. «Lisez les statuts des sociétés civiles au Congo, nulle part il est écrit de faire violence aux services de l'État moins encore de jouer le rôle d'un Procureur censé sceller des portes officielles et ou commerciales», précise Nestor Mungujakisa.
Il souligne que l’engagement au sein de la Société civile, particulièrement dans le territoire de Mahagi, ne saurait servir de couverture à des pratiques étrangères à sa mission. Nestor Mungudjakisa appelle ainsi les différents acteurs de la Société civile de la région à exercer leur rôle dans le strict respect des textes qui la régissent en RDC.
«On doit jouer correctement notre rôle de la société civile dans le territoire de Mahagi», a chuté Nestor Mungudjakisa.
La Rédaction


