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EXODE DU KIVU VERS MAMBASA : «L’homme prudent voit le mal de loin», enfin la Notabilité de l’Ituri lève l'option de racheter les terres vendues par les chefs coutumiers sans réelle maîtrise des enjeux ?

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EXODE DU KIVU VERS MAMBASA : «L’homme prudent voit le mal de loin», enfin la Notabilité de l’Ituri lève l'option de racheter les terres vendues par les chefs coutumiers sans réelle maîtrise des enjeux ?

La terre est l’attribut premier du pouvoir. Un sanctuaire inaliénable et souverain qui ne saurait se livrer au plus offrant, encore moins au mépris des équilibres géopolitiques locaux. Pourtant, dans le territoire de Mambasa, le patrimoine foncier subit une véritable entreprise de démantèlement économique et social, cédé hectare par hectare à des acteurs économiques extérieurs venus du Kivu.  

Face à ce qui s’apparente à une capitulation patrimoniale et sécuritaire, la notabilité de l’Ituri s’activerait à rompre le silence. Les leaders de cette province voudraient enclencher la reconquête impérative de chaque parcelle bradée. Il y va de la survie collective des communautés locales, particulièrement dans le territoire de Mambasa, apprend-on d’une indiscrétion dans la région.  

Il y a lieu de comprendre que l’heure n’est plus aux périphrases diplomatiques ni aux jérémiades administratives. À Mambasa, la dépossession foncière menace directement les fondements de la souveraineté locale. Des pans entiers de forêts et de plaines arables subissent une annexion silencieuse.  

Des chefs coutumiers, investis de la garde sacrée du sol mais tragiquement aveugles face aux dynamiques de contrôle territorial actuelles, ont hypothéqué l’avenir de leurs propres administrés pour des profits éphémères. En cédant de vastes concessions à des acheteurs de la communauté Nande du Kivu sans aucun garde-fou politique, ces autorités traditionnelles ont manifesté un manque criant de connaissance et de maîtrise des enjeux politiques, sociaux et économiques de l’heure.  

Cette ignorance s’avère particulièrement préjudiciable dans le contexte de l’exode migratoire du Kivu vers l’Ituri, qui se concentre en grande partie dans le territoire de Mambasa. Toutefois, il n’est pas encore trop tard pour recadrer les choses, à en croire des sources ituriennes consultées.  

Le rachat des terres, une option irréversible

Pour la notabilité de l’Ituri, qui orchestrerait déjà dans les coulisses des tractations stratégiques d’une envergure inédite, l’option de lever et de mobiliser des fonds massifs pour racheter toutes les terres vendues à Mambasa serait désormais scellée.  

D’après les mêmes sources, ce sursaut n’a rien d’un repli identitaire spontané, mais s’inscrit comme une doctrine de légitime défense face à l’asphyxie économique qui guette la province de l’Ituri dans son ensemble. Comme le rappelle l’adage, «l’homme prudent voit le mal de loin»; pour ces dignitaires, l’urgence absolue consiste à prendre des précautions immédiates pour conserver durablement l’autorité et le pouvoir iturien sur leurs terres face à toute convoitise qui ne dit pas son nom.  

Diagnostic établi sans complaisance, les clairvoyants de la province insistent sur le fait que le rachat systématique de toutes les terres vendues aux ressortissants du Kivu constitue désormais une décision ferme, non négociable et strictement irréversible. Cette reconquête patrimoniale s’impose comme l’unique voie pour réparer les erreurs des autorités traditionnelles et neutraliser le danger existentiel qui pèse sur l’avenir de la région.  

Que dire ?

Comme avertissement, les acquéreurs et les spéculateurs devraient noter que la notabilité de l’Ituri compte déployer tous les leviers disponibles, de la négociation directe à la contrainte économique via des fonds qui seraient en cours de constitution, pour reprendre possession des terres vendues de Mambasa.  

Quatre piliers fondamentaux et implacables soutiennent le caractère inéluctable de cette démarche de rachat en perspective, apprend-on.  

La notabilité iturienne souligne que le rétablissement de la sécurité alimentaire en Ituri, plus particulièrement dans le territoire de Mambasa, est une priorité. Pour elle, une communauté ne peut préserver son autonomie politique si elle devient locataire sur son propre sol et dépendante de tiers pour sa subsistance. Nos sources ajoutent que récupérer ces espaces arables est le seul moyen de garantir que les ressources de Mambasa nourrissent d’abord les populations locales.  

La démarche en gestation se veut également un rempart contre la colonisation économique. Elle est en plus motivée par le fait que l’injection massive de capitaux exogènes engendre une spéculation sauvage qui exclut les autochtones de l’accès à la propriété. L’argent de ces ventes irresponsables s’évapore en quelques mois, tandis que la prolétarisation, l’exode et la perte d’héritage géopolitique s’inscrivent dans l’avenir des jeunes générations. Annuler ces transactions par le rachat est une mesure d’autodéfense financière, selon ces dignitaires.  

Une autre raison évoquée, c’est la préservation de la matrice culturelle et mémorielle. Pour l’Ituri, la terre n’est pas un actif financier négociable. Elle est le réceptacle des cimetières ancestraux, des coutumes et le ciment de l’autorité traditionnelle. La brader revient à effacer la mémoire collective.  

La dernière motivation, c’est la neutralisation du péril environnemental. Ici, l’on renseigne que ces acheteurs extérieurs sont guidés par une logique de rendement financier immédiat et de prédation à court terme, menaçant la biodiversité locale par une exploitation forestière et agricole intensive dans le territoire de Mambasa.  

En tout cas, on ne négocie pas l’espace vital des ancêtres. La mobilisation serait imminente, les choses s’organiseraient en secret, et l’histoire devrait retenir que face au risque de disparition politique de l’Ituri, la notabilité provinciale a choisi la résistance légitime. La terre demeure le socle de la souveraineté, sa reprise est en marche, elle se veut formelle pour les sages dignitaires de l’Ituri. 

Germain Aboki