Le reporter de nos confrères de Radio Okapi a constaté lundi 27 juillet que la pratique perdure. À Mbogu, neuf kilomètres après Bunia, les taximen ralentissent pour remettre discrètement 500 francs congolais aux militaires. Plus loin, à Nyakero, un soldat marque chaque moto au feutre après avoir perçu la somme exigée. Le passage ne s’effectue qu’après paiement.
Ras-le-bol des usagers
«Nous sommes fatigués des tracasseries des militaires. Ils ont érigé plusieurs barrières sur la route. Le travail des militaires, c’est de protéger la population et ses biens, pas de demander de l’argent», déplore un conducteur de moto-taxi.
Selon plusieurs chauffeurs et motocyclistes, ces prélèvements réduisent considérablement leurs revenus quotidiens. Sur la route menant à Kasenyi, au bord du lac Albert, au moins sept barrières similaires ont été recensées.
Décision ignorée
Cette réalité interroge les transporteurs, qui peinent à comprendre pourquoi ces points de contrôle continuent de fonctionner malgré une décision officielle de suppression. «Nous demandons au gouverneur de province d’enlever tous ces militaires qui nous tracassent sur la route. Nous n’en pouvons plus», témoigne un taximan moto.
Le même constat est rapporté sur d’autres axes, notamment la Route nationale n°27 entre Komanda et Bunia ainsi qu’entre Bunia et Mahagi.
Appels à des sanctions
Face à la persistance de ces pratiques, des acteurs de la société civile et des organisations de défense des droits humains appellent les autorités provinciales à assurer un suivi rigoureux des mesures annoncées. Ils réclament des sanctions contre les responsables de ces perceptions illégales, estimant qu’elles constituent une violation manifeste des instructions données par l’autorité provinciale.
Alors que les autorités avaient promis la suppression de toutes les barrières illégales pour faciliter la libre circulation des personnes et des biens, les usagers attendent désormais des actions concrètes sur le terrain.
La Rédaction