La province de l’Ituri replonge dans l’incertitude. Depuis le lundi 27 juillet, des combattants affiliés à la Convention pour la révolution populaire (CRP), mouvement dirigé par Thomas Lubanga, ont pris le contrôle du centre de Lenga, chef-lieu de la chefferie des Bahema Badjere.
Selon des sources sécuritaires locales, l’entrée des hommes armés s’est faite sans résistance, profitant de l’absence de positions des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).
Dans une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux, plus d’une cinquantaine de rebelles apparaissent en train d’exécuter des travaux communautaires devant le bureau administratif de la chefferie. Infiltrés depuis les environs de Bule, ils ont marqué leur présence par des tirs de sommation avant d’appeler les habitants à poursuivre leurs activités. Mais derrière ce message de normalité, ils ont diffusé des propos hostiles envers l'État congolais et l’armée loyale.
Cette occupation a ravivé la peur parmi les habitants. Les notables et défenseurs des droits humains dénoncent le non-respect du cessez-le-feu unilatéral décrété le 14 mai dernier pour favoriser le processus de paix. Les acteurs de la société civile redoutent une nouvelle flambée de violence si des mesures sécuritaires ne sont pas rapidement déployées.Face au risque de déstabilisation durable de la chefferie des Bahema Badjere, les notables réclament un déploiement urgent des FARDC afin de rétablir l’autorité de l’État et protéger les civils. Jusqu’à présent, le commandement militaire provincial n’a pas officiellement réagi.
Cette prise de contrôle illustre la fragilité persistante du territoire de Djugu, où les promesses de paix se heurtent encore aux réalités des armes.
La Rédaction