Le Groupe Laïc de Pilotage (GLP) hausse le ton face au projet de Dialogue national annoncé par les autorités congolaises. Dans une déclaration rendue publique le 18 septembre 2026, cette structure dit suivre avec une «attention particulière» l’évolution de la situation sociopolitique du pays et exprime de sérieuses réserves sur l’organisation annoncée de ce dialogue.
Le GLP revient notamment sur le message du Chef de l’État du 27 août 2026 ainsi que sur l’ordonnance portant organisation et fonctionnement du Comité d’organisation du Dialogue. Pour sa Coordination nationale, ces différentes initiatives soulèvent des interrogations majeures sur les véritables objectifs poursuivis par le pouvoir en place.
Selon le GLP, le Dialogue national ne serait pas dissociable du débat en cours autour de la réforme constitutionnelle et de la proposition de loi sur le référendum. Le Groupe Laïc de Pilotage affirme ainsi que le processus engagé pourrait servir de «sous-sol au projet macabre de changement constitutionnel en faveur de son troisième mandat présidentiel».
La Déclaration parvenue à notre Rédaction place directement le futur dialogue au cœur de la controverse politique actuelle. Le GLP appelle, dans ce contexte, au retrait de la proposition de loi sur le référendum afin, dit-il, «d’empêcher le changement de Constitution».
L’inclusivité du dialogue au cœur des inquiétudes
Au-delà de la question constitutionnelle, le GLP critique également les modalités de participation prévues pour le Dialogue national. Il dénonce l’exclusion de certaines composantes de la société congolaise ainsi que d’une partie de la population vivant dans les territoires occupés du Grand Kivu.
Pour le GLP, cette situation pourrait accentuer les fractures territoriales et politiques déjà existantes. Cette structure qui déclare défendre le Pacte républicain et le respect de la Constitution en vigueur, estime qu’une telle approche «aggrave le risque de balkanisation d’une zone sous exclusion administrative décidée par le gouvernement central».
Le groupe considère également avec suspicion la décision de conditionner la convocation du Dialogue à des consultations préalables dans les 26 provinces de la République démocratique du Congo.
Il y voit une «manœuvre politique visant à prétendre que c’est le Peuple qui a demandé». À ses yeux, les principales attentes de la population ne nécessitent pas de longues consultations pour être identifiées. Elles se résument, selon le GLP, à «la paix, la sécurité et la bonne gouvernance pour le bien-vivre».
Le GLP met en garde contre un dialogue jugé peu rassurant
Dans son analyse, le Groupe Laïc de Pilotage souligne que le processus engagé ne garantit ni une participation suffisamment inclusive, ni la sécurité des participants, ni la prise en compte de l’intérêt général dans les conclusions qui pourraient être adoptées. «Ce dialogue ne rassure ni l’inclusivité de ses assises, ni la sécurité des participants, et encore moins l’intérêt général de ses résolutions», lit-on dans le texte du GLP.
Il va plus loin en considérant que ce processus constitue une menace pour les équilibres institutionnels issus de la transition congolaise, lien établit notamment entre le Pacte républicain de Sun City et la Constitution du 18 février 2006. Le dialogue envisagé «constitue une menace réelle et directe contre le Pacte républicain de Sun City tel que traduit dans la Constitution du 18 février 2006» et pourrait exposer davantage le pays au risque de balkanisation, insiste le GLP.
Sans détour, le Groupe Laïc de Pilotage qualifie finalement le processus de «forfaiture» et de «haute trahison sous le masque de la Refondation de l’État». Face à cette situation, le GLP appelle les forces politiques et sociales à se rassembler autour de la Constitution du 18 février 2006. Il invite également la population congolaise à rester mobilisée pour la défense du Pacte républicain.
La Rédaction

